La Pierre de Rosette

Le point suite à un débat entre amis, à Grimaud, en 2002.

La Pierre de Rosette est un bloc de basalte (cf. Fig. 1) qui fut gravé en mars 196 avant J.-C. pour célébrer le premier anniversaire du couronnement de Ptolémée V Épiphane.


Pierre de Rosette

Fig. 1. La Pierre de Rosette

Le texte est une révérence des temples d’Égypte à l’égard du monarque qui le remercient de ses services, rédigé en trois langues: 14 lignes de hiéroglyphes (cf. Fig. 2), 32 lignes démotique (l’écriture cursive de l’ancienne Égypte – dérivée du hiératique, provenant lui-même des hyéroglyphes – utilisée entre le VIIe siècle avant J.-C. et le Ve siècle après J.-C., (cf. Fig. 3) et 54 lignes de grec (cf. Fig. 4).


détail hiéroglyphes

Fig. 2. Partie du texte hieroglyphique

La pierre fut découverte le 17 juillet 1799 par les troupes de Napoléon (Expédition d’Égypte, mai 1798 à octobre 1801) lors de travaux de terrassement dans une ancienne forteresse turque édifiée à l’embouchure de la branche occidentale du Nil, non loin de la ville de Rachid (francisé Rosette).


détail démotique

Fig. 3. Partie du texte démotique

Les 14 premières lignes de hiéroglyphes sont endommagées mais on peut mettre la partie conservée en correspondance avec les 28 dernières lignes de grec, elles-même altérées sur la fin. Le début du texte démotique est également abîmé.


détail grec

Fig. 4. Partie du texte grec

Toutefois, malgré leur incomplétude, ces textes ont permis à Jean-François Champollion de décrypter le sens des symboles hiéroglyphiques qui restaient un mystère jusqu’alors.

Jean-François Champollion

Jean-François Champollion

Ce dernier, né le 23 décembre 1790 à Figeac, dans le Lot, avait neuf ans lors de la découverte de la Pierre de Rosette; il décida a 13 ans de « déchiffrer l’égyptien ». Il apprend le latin, le grec, l’hébreu, le sanskrit et le copte (du grec aiguptos=égyptien, qui est une langue chamito-sémitique issue de l’égyptien ancien, mais écrit avec un alphabet dérivé du grec).

À 20 ans, il obtient la chaire de civilisation antique de l’Université de Grenoble. Sa fantastique érudition et, en particulier, sa connaissance de la langue copte, lui permet vers 1820 de dégager les premiers éléments de structure de l’écriture sacrée égyptienne. Le 14 septembre 1822, vers 12h, il entre en trombe dans l’Institut et jette quelques notes griffonnées sur le bureau du secrétaire de l’Académicien Dacier en s’écriant « Je tiens l’affaire! », puis s’effondre dans un état léthargique qui durera cinq jours. Dès son réveil, il écrit la célèbre « Lettre à monsieur Dacier » qui révèle la clé qu’il vient de découvrir. Les dix ans qui le sépareront d’une mort prématurée lui permettront à peine le temps de rédiger sa « Grammaire » et son « Dictionnaire ». Il s’éteint à 42 ans, criant en se frappant la tête: « Qu’on me donne encore deux ans, il y en a là-dedans! ».

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