Poèmes d’OP

O.P. (1938-2009)

Madréports

Irons-nous dormir sous les madrépores
escortés des barracudas ?
Décharger dans les ports
nos cargaisons d’images ?
Aux orteils des Bouddhas
courber nos équipages ?

Ou pagayer sur le Yukon
dans nos kayaks en peau de phoque ?
Irons-nous nus sur l’Orénoque
Ou le rio Chanchamayo ?

On rêve Guyane
Oyapok
Et l’on descend Porte Maillot
Ce sont rêves de basse époque

Poèmes de Victor Hugo

Victor HUGO (1802-1885)

Oceano Nox


Portrait de Victor Hugo

Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
Combien ont disparu, dure et triste fortune !
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l’aveugle océan à jamais enfouis !

Combien de patrons morts avec leurs équipages !
L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages
Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots !
Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée.
Chaque vague en passant d’un butin s’est chargée ;
L’une a saisi l’esquif, l’autre les matelots !

Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus.
Oh ! que de vieux parents, qui n’avaient plus qu’un rêve,
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus !

On s’entretient de vous parfois dans les veillées.
Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées,
Mêle encor quelque temps vos noms d’ombre couverts
Aux rires, aux refrains, aux récits d’aventures,
Aux baisers qu’on dérobe à vos belles futures,
Tandis que vous dormez dans les goémons verts !

On demande : – Où sont-ils ? sont-ils rois dans quelque île ?
Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile ? –
Puis votre souvenir même est enseveli.
Le corps se perd dans l’eau, le nom dans la mémoire.
Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli.

Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
L’un n’a-t-il pas sa barque et l’autre sa charrue ?
Seules, durant ces nuits où l’orage est vainqueur,
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
Parlent encor de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur cœur !

Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,
Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
Dans l’étroit cimetière où l’écho nous répond,
Pas même un saule vert qui s’effeuille à l’automne,
Pas même la chanson naïve et monotone
Que chante un mendiant à l’angle d’un vieux pont !

Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
O flots, que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir quand vous venez vers nous!

Poèmes chinois

La gloriette aux bambous, de Wang Wei (699-761)

Seul, assis entre les bambous,
Je joue de la cithare et je siffle,
Dans la forêt, oublié des hommes.
La lune s’est approchée : clarté.

Voyage en montagne, de Tu Mu (803-852)

Sentier pierreux serpentant dans la montagne froide.
Là où s’amassent les nuages blancs, une maison…
J’arrête le carrosse et aspire la forêt d’érables au soir.
Feuilles givrées : plus rouges que les fleurs du printemps !

La joueuse de cithare, de Li Tuan (??-??)

Au fond de la chambre de jade, sons de cithare:
Mains blanches caressant chevilles aux grains d’or.
Pour attirer les regards de Chou Lang,
A dessein, elle se trompe de corde.

Temple du Sommet, de Li Po (701-762)

Temple du Sommet, la nuit:
Lever la main et caresser les étoiles.
Mais chut ! baissons la voix:
Ne réveillons pas les habitants du ciel.

Poèmes japonais

Bruit de l’eau chauffant pour le thé, par Gakuin Ekatsu (1366-1425)

Faible murmure, vallée lointaine avec le vent dans les pins
Vive ébullition, fleuve glacé devant la pluie du soir
Aux temples citadins, si bruyants le jour, l’esprit se grise
La claire audition n’est permise que dans la nuit profonde

Retraite en Montagne, par Tesshê Tokusai (XIVe siècle)

Pour mieux secouer la poussière d’une mondaine gloire
Le moine, vêtu de sérénité, s’assoit sur la mousse
Le Soleil touchant la fenêtre à l’Ouest, l’automne est au soir
Les feuilles, confusément, tombent jusqu’au siège de pierre

Paroles dans la montagne, par Mingji Chujun (1262-1336)

Parmi ces rocs, empreints de calme solitude
Il est un lieu pour moi, digne d’être habité

Lianes et lierre y croissent en épais lacis
Pins et bambous y vivent en intimité

Rien à mes yeux, ni la plus éclatante perle
Ni la plus pure des gemmes n’a de prix

Comme dessus l’Etang des Sept Joyaux
Un seul bouquet de lotus bleus épanouis

Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes

Je t’aime dans toutes les langues du monde

Acholi amari
Afghan Ma doste derm
Africain Ek het jou liefe
Africain Ek is lief vir jou
Akan Me dor wo
Albanais Te dua
Albanais Te dashoroj
Albanais Ti je zemra ime
Alentejano Gosto de ti, porra !
Allemand Ich liebe Dich
Algérien Kanbghik
Alsacien Ich hoan dich gear
Amharic Afekrishalehou
Amharic Afekrischaledou
Amharic Ewedishalehu (homme/femme vers femme)
Amharic Ewedihalehu (homme/femme vers homme)
Anglais I love you
Anglais I adore you
Apache Sheth she’n zho’n
Arabe (Arabe formel ) Ohiboke (vers une femme)
Arabe (Arabe formel ) Ohiboki (vers un homme)
Arabe Ib’n hebbak.
Arabe Ana Ba-heb-bak
Arabe Ana hebbek
Arabe Ana behibak (femme vers homme)
Arabe Ana behibek (homme vers femme)
Arabe Ahebich (homme vers femme)
Arabe Ahebik (femme vers homme)
Arabe Ana ahebik
Arabe Bahibak (femme vers homme)
Arabe Bahibik (homme vers femme)
Arabe Benhibak
Arabe Benhibik (femme vers femme ou homme vers homme)
Arabe Benhibkom (homme vers homme ou femme vers homme)
Arabe Benhibak
Arabe nhebuk
Arabe (Arabe formel ) Okibokoma (homme vers femme ou deux hommes vers deux femmes)
Arabe (Arabe formel ) Nohiboke (vers un homme)
Arabe (Arabe formel ) Nohiboka ( vers homme )
Arabe (Arabe formel ) Nohibokoma (homme vers femme ou homme ou deux hommes vers deux femmes)
Arabe (Arabe formel ) Nohibokon (homme vers homme ou femmes vers deux femmes)
Arabe Ooheboki.(homme vers femme)
Arménien Yes kez si’rumem
Arménien Yar ounenal
Arpitan savoyard jhe t’âmo
Assamese (Inde) Moi tomak bhal pau
Autrichien Ich liebe dich
Ayamara mûnsmawa
Bari ( Langage Soudanais) Nan nyanyar do
Bari ( Langage Soudanais) Nan nyanyar do parik
Basque Nere Maïtea
Basque Maïte zaitut
Batak Holong rohangku di ho
Bavarois I mog di narrisch gern
Bemba (Zambie) Nalikutemwa
Bemba (Zambie) Ninkutemwe
Bengalais Ami tomAy bhAlobAshi
Bengalais Ami tomake bhalobashi.
Berbère Lakh tirikh
Bicol (Philippien) Namumutan ta ka
Birman Chi pa de
Birman Min go nga chit tay
Bolivien (Quechua) Qanta munani
Bosniaque Volim te
Brésilien Eu te amo (prononcer « eiu chee amu »)
Breton da garan » (poétique – pour les amoureux)
Breton da garout a ran » (formule plus « commune » – je t’aime (bien))
Bulgare Obicham te
Bulgare As te obicham
Bulgare Obozhavam te (je t’aime énormément, mais tendre)
Cambodgien Bon sro lanh oon
Cambodgien kh_nhaum soro_lahn nhee_ah
Canadien français Sh’teme , ou j’t’aime
Cantonais Ngo oi ney
Catalan T’estim (Mallorcain)
Catalan T’estim molt
Catalan T’estime (Valencien)
Catalan T’estimo
Catalan valencien Te vullc
Cebuano (Philippin) Gihigugmz ko ikaw
Chamoru ou Chamorro Hu guaiya hao
Cheyenne Nemehotates
Chichewas Ndimakukonda
Chickasaw (USA) Chiholloli (i final nasal)
Chinois Goa ai li (dialecte Amoy)
Chinois Ngo oi ney (Cantonais)
Chinois Ngai on ni (dialecte Hakka)
Chinois Wa ai lu (dialecte Hokkien)
Chinois Wo ai ni (Mandarin)
Chinois Ngo ai nong (dialecte Wu)
Comorien N’game handzo
Coréen Dangsinul saranghee yo
Coréen Saranghee
Coréen Nanun dangsineul joahapnida
Coréen Nanun dangsineul mucheol joahapnida
Coréen Nanun dangsineul mucheol saranghanida
Coréen Nanun gdaega joa
Coréen Nanun neoreul saranghapnida
Coréen Nanun neoreul saranghanda
Coréen Gdaereul hjanghan naemaeum alji
Coréen Jaohaeyo
Coréen Saranghaeveyo
Coréen Saranghapanida
Coréen Norul sarang hae
Coréen Tangsinul sarang ha o
Coréen Tangsinul sarang ha yo
Coréen Tangshin-ul sarang hae hae-yo
Coréen Tangshin-i cho-a-yo
Coréen Nanun tangshinul sarang hamnida
Coréen Tangsinul sarang ha yo
Coréen Nanun tongshinun sarang hamnida
Corse Ti tengu cara (homme vers femme)
Corse Ti tengu caru (femme vers homme)
Créole Mi aime jou
Créole Antillais (martinique guadeloupe) Men ainmainw
Créole Île-Maurice Go kontan toi
Créole de la Réunion Aime a ou
Créole de la Réunion Mi aim a ou
Créole Haïtien muwen renmen’ ou
Croate (familier) Ja te volim
Croate (familier) Volim te
Croate (formel) Ja vas volim
Croate (formel) Volim vas
Croate (formel) Ljubim te
Danois Jeg elsker dig
Danois Jeg er forelsket i dig (je suis amoureux)
Davvi Semegiella Mun rahkistin dù
Digbambara n’ bi fe
Dusun Siuhang oku dia
Ecossais Gallois Tha gra dh agam ort
Equatorien (Quechua) Canda munani
Espagnol (Castillan) Te quiero
Espagnol (Castillan) Te Amo
Esperanto Mi amas vin
Estonien Mina armastan sind
Estonien Ma armastan sind
Ethopien Afgreki’
Farsi Tora dust mi daram
Farsi Asheghetam
Farsi (Perse) doostat dAram
Finnois (formel) Minä rakastan sinua
Finnois (formel) Rakastan sinua
Finnois (formel) Minä pidä sinustra
Finnois (Mä) rakastan sua
Finnois (Mä) tykkään susta
Flamand Ik hue van ye
Flamand Ik hue van dei
Flamand (Néerlandais) Ik hou van jou (passionnément)
Flamand ik zie je graag
Français Je t’aime
Frisien Ik hou fan dei (sp?)
Frisien Ik hald fan dei (sp?)
Gaélique Tha gradh agam ort
Gaélique Moo graugh hoo
Galicien Querote
Galicien Queroche
Galicien Amote
Gallois Rwy’n dy garu di.
Gallois Yr wyf i yn dy garu di (chwi)
Ghanéen (Akan, Twi) Me dor wo
Grec S’ayapo
Grec Eime eroteumos mazi sou
Grec Eime eroteumos me ‘sena (vous vers homme ou femme)
Grec Eime eroteumeni me ‘sena (vous vers homme ou femme)
Grec Eime eroteumeni mazi sou
Grec (supérieur) (Ego) philo su
Grec (ancien) Philo se
Groenlandais Asavakit.
Guarani Rohiyu (ro-hai’-hyu)
Gujrati (Pakistan) Hoon tane pyar karoochhoon
Gujrati (Pakistan) Hoon tuney chaoon chhoon (n nasal, ne pas prononcer)
Hausa (Niger) Ina sonki
Hawaiien Aloha wau ia ‘oe
Hawaiien Aloha wau ia ‘oe nui loa ( je t’aime énormément)
Hébraïque Ani ohev otach (homme vers femme)
Hébraïque Ani ohev otcha (homme vers homme)
Hébraïque Ani ohevet otach (femme vers femme)
Hébraïque Ani ohevet otcha (femme vers homme)
Hébraïque Anee ohev otkha (homme vers femme)
Hébraïque Anee ohevet otkha (femme vers homme)
Hébraïque Anee ohev otkha (homme vers homme)
Hébraïque Anee ohevet otakh (femme vers femme)
Hindi Mae tumko pyar kia
Hindi My tumko pyar karta hu
Hindi Main tumse pyar karta hoon.
Hindi Ham Tomche Payer Kortahe
Hindi Mai tumse peyar karta hnu
Hindi Mai tumase pyar karata hun (homme vers femme)
Hindi Mai tumase pyar karata hun.(femme vers homme)
Hindi Mai tumse pyar karta hoo
Hindi Mae tumko pyar kia.
Hindi Main tuze pyar karta hoon (le n est nasal, ne se prononce pas)
Hindi (Kannada) Naanu ninnannu premisuththene
Hmong (ethnie du laos) Kuv hlub kov (à prononcé cou lou co à peu près)
Hokkien Wa ai lu
Hongrois Szeretlek
Hongrois Szeretlek te’ged
Hopi Nu’ umi unangwŽta
Ibaloi (Philippin) Pip-piyan taha
Ibaloi (Philippin) Pipiyan ta han shili (je t’aime énormément et plus)
Imazighan Halagh kem
Indonésien Saya kasih saudari
Indonésien Saya cinta kamu
Indonésien Saya cinta padamu
Indonésien Saja kasih saudary
Indonésien Aku cinta padamu
Indonésien Aku tjintaa padamu
Indonésien Aku cinta kamu
Irlandais taim i’ ngra leat
Irlandais/Gallois t’a gr’a agam dhuit
Iroquois mingo k?nu?hkwa’ (le /?/ se prononce comme le /on/ en français, et le /’/ est l’arrêt glottal)
Islandais Eg elska thig
Italien ti amo
Italien ti voglio bene
Italien ti adoro
Italien sei il mio amore
Japonais Kimi o ai shiteru (très très familier)
Japonais Watakushi-wa anata-wo ai shimasu
Japonais Kulo tresno
Japonais Aishiteiru
Japonais Chuu shiteyo
Japonais Ora omme no koto ga suki da
Japonais Ore wa omae ga suki da
Japonais Suitonnen
Japonais Sukiyanen
Japonais Sukiyo
Japonais Watashi wa anata ga suki desu
Japonais Watashi wa anata wo ai shithe imasu
Japonais A-i-shi-te ma-su
Javanais Kulo tresno
Kabile Hemlar kem (vers une femme)
Kabile Hemlark (vers un homme)
Kankana-ey (Philippin) Laylaydek sik-a
Kannada (Inde) Naanu Ninnanu Preethisuthene
Kannada (Inde) Naanu Ninnanu Mohisuthene
Kikongo Mono ke zola nge
Kinyarwanda Ndagukunda
Kiswahili Nakupenda
Klingon bangwI’ Soh
Klingon qaparHa’
Klingon qamuShá
Klingon qaparHáqu’
Kpele I walikana
Kurde Ez te hezdikhem
Kurde Min te xushvet
Kurde Min te xoshvet (dialecte du sud)
Langue de Fe(u) Feje fetai feme ou Jefe taife mefe (suivant l’utilisateur)
Laotien Khoi huk chau
Laotien Khoi hak joa
Laotien Khoi hak chao
Laotien Khoi mak joa lai
Laotien Khoi mak joa
Laotien Khoi hak joa lai
Lari (Congo, région du Pool) Ni kou zololo
Latin Te amo
Latin Vos amo
Latin (ancien) (Ego) Amo te
Latvien Es tevi milu (prononcer ‘es tevy meelu’)
Latvien Es milu tevi (langage commun)
Libanais Bahibak
Lingala (Congo) Nalingi yo
Lingala (Congo) Na lingui yo
Lithuanien Tave myliu
Lisbonne (argot de) Gramo-te bue’, chavalinha !
Ligure mi te amu
Lojban Mi do prami
Luo ( Kenia) Aheri
Luxembourgeois Ech hun dech gär
Maa Ilolenge
Macédonien Te sakam
Macédonien Te ljubam
Macédonien Jas te sakam
Macédonien Pozdrav
Madrid (argot de) Me molas, tronca
Malgache Tiako iano
Malgache Tianao aho
Maiese Wa wa
Malais Saya cintamu
Malais Saya sayangmu
Malais Saya sayang anda
Malais Saya cintakan mu
Malais Saya sayangkan mu
Malais Saya chantikan awak
Malais Aku sayang kau
Malais Saya sayangmu
Malais/Bahasa Saya cinta mu
Malais/Indonésien Aku sayang kau
Malais/Indonésien Saya chantikan awah
Malais/Indonésien Saya sayangkan engkau
Malais/Indonésien Saya chantikan awah
Malais/Indonésien Aku cinta pada kau
Malais/Indonésien Aku cinta pada mu
Malais/Indonésien Saya cinta oada mu
Malais/Indonésien Saya sayangkan engkau
Malais/Indonésien Sayah chantikan awah
Malayalam Ngan ninne snaehikkunnu
Malayalam Njyann ninne’ preetikyunnu
Malayalam Njyaan ninnne mohikyunnu
Malayasien Saya cintamu
Malayasien Saya sayangmu
Malayasien Saya cinta kamu
Mandarin Wo ai ni
Marathi Mi tuzya var karato
Marathi Me tujhashi prem karto (homme vers femme)
Marathi Me tujhashi prem karte (femme vers homme)
Marocain Kanbhik
Marocain Kanhebek
Marshallais Yokwe Yuk
Mongol Be Chamad Hairtai (très intime)
Mohawk Konoronhkwa
Moyi (Congo Brazzaville) Gakakayo
Munukutuba (Congo, Sud) Mu zola mgé
Munukutuba (Congo, Sud) Mou zolagué
Naori ka arocha ahau ki a kor
Navajo Ayor anosh’ni
Ndebele (Zimbabwe) Niyakutanda
Néerlandais Ik hou van jou (passionnément)
Népalais Ma timi sita prem garchhu (romantique)
Népalais Ma timilai maya garchhu (non romantique)
Norvégien Jeg elskar deg (Bokmaal)
Norvégien Eg elskar deg (Nynorsk)
Norvégien Jeg elsker deg (Bokmål) (prononcer yai elske dai)
Nyanja Ninatemba
Occitan gascon Que t’aimi
Occitan languedocien T’aimi
Op (anglophone) Op lopveop yopuop
Op (francophone) Op jeop top aiopmeop
Oriya Moon Tumakoo Bhala Paye
Oriya Moon Tumakoo Prema Kare
Oromoo Sinjaladha
Oromoo Sinjaldha
Osetien Aez dae warzyn
Ourdou (Inde) Mujge tumae mahabbat hai
Ourdou (Inde) Main tumse muhabbat karta hoon
Ourdou (Inde) Mujge tumse mohabbat hai
Ourdou (Inde) Kam prem kartahai
Ouzbek Man seni sevaman
Pakistanais Muje se mu habbat hai
Pakistanais Muje stumse mahabbat hai
Papiamento Mi ta stimábo
Pedi Kiyahurata
Perse Tora dost daram
Pig Latin Ie ovele ouye
Picard ej t’ei kier
Picard ej te vô voléntié
Philippinin Mahal ka ta
Philippinin Iniibig Kita
Poitevin-Saintongeais i t’aeme
Polonais Kocham ciebie
Polonais Ja cie kocham
Portugais/brésilien Eu te amo
Portugais Eu amo-te
Portugais Amo-te
Provençal rhodanien (Mistralien) T’ame
Punjubi (Inde) Main tainu pyar karna
Punjubi (Inde) Mai taunu pyar kardar
Quenay Tye-melane
Roumain Te iubesc
Roumain Te ador
Russe Ya lioubliou tiebia (je t’aime)
Russe Ya tiebia lioubliou (je t’aime)
Russe Ya vas lioubliou (je vous aime)
Russe Lioubliou tiebia (je t’aime)
Russe Ya polubil tiebia (je suis tombé amoureux de toi)
Russe Ya polubila tiebia (je suis tombée amoureuse de toi)
Russe Ya lioubliou tiebia (je t’aime)
Scanien (Skånska) Jâ hóllor âw di
Scanien (Skånska) Jâ tyŽtjor omm di
Samoen Ou te alofa outou
Samoen Ou te alofa ia te oe
Samoen Talo’fa ia te oe
Samoen Fia moi ?
Sancrit Anugrag
Serbe (formel) Ja vas volim
Serbe (formel) Volim vas
Serbe (formel) Ljubim te
Serbe (familier) Ja te volim
Serbe (familier) Volim te
Serbe (ancien) Ljubim te (langage poétique)
Serbo-Croate Volim te
Serbo-Croate Ljubim te
Serbo-Croate Ja te volim
SeSotho Kiyahurata (prononcer ky-ya-hoo-rata)
Shona Ndinokuda
Singalais (Ceylan) Mama oyata adarei
Singalais (Ceylan) Mama oyata aadareyi
Sioux Techihhila
Slovaque Lubim ta
Slovène Ljubim te
Srilankais Mama oyata arderyi
Strasbourgeois (variante alsacienne) Ich hoab dich gearn (amical)
Strasbourgeois (variante alsacienne) Ich hoab dich leb (beaucoup plus tendre)
Sudanais ( Bari ) Nan nyanyar do
Sudanais ( Bari ) Nan nyanyar do parik
Suaheli (Ouest Afrique) Ninikupenda
Swahili Naku enda
Swahili Naku penda
Swahili Ninikupenda
Swahili Dholu’o
Suédois Jag älskar dig
Suédois Iaj Alskar Dej
Suédois Jag är kär i dig (je suis amoureux)
Suisse allemand Ch’ha di gärn
Syrien/Libanais Bhebbek (vers une femme)
Syrien/Libanais Bhebbak (vers un homme)
Tagaloge Mahal kita
Tahitien Ua Here Vau Ia Oe
Tahitien Ua here vau ia oe
Tamoul Naan unni kathilikaran
Tamoul Ni yaanai kaadli karen
Tamoul Naan unnai kadalikiren
Tamoul Nan unnai kathalikaren
Tamoul N^an yaanai kaadli karen
Tamoul Nam vi’ remberem
Tchèque Miluji ty (miloujou ti)
Telugu (Inde) Neenu ninnu prámistu’nnanu
Telugu (Inde) Nenu ninnu premistunnanu
Telugu (Inde) Ninnu premistunnahu
Thaï (formel) Ch’an rak khun (femme vers homme)
Thaï (formel) Phom rak khun (homme vers femme)
Thaï (formel) Phom-ruk-koon (homme vers femme)
Thaï (formel) Chum-ruk-koon (femme vers homme)
Thaï Khoa raak thoe (affection, amour, tendresse)
Tshiluba Ndi mukasua
Tshiluba Ndi musua wewe
Tshiluba Ndi ne ditalala bua wewe
Tswama Ke a go rata
Tunisien hebbek
Tunisien Ha eh bakn
Tumbuka Nkhukutemwa
Turc Seni seviyorum
Turc Seni begeniyorum (très tendre)
Turc Sana deliler gibi asigim (je suis fou amoureux de toi)
Ukrainien Ya tebe kokhaïou (je t’aime)
Ukrainien Ya tebe kokhaïou (je vous aime)
Ukrainien Ya pokkhav tebe (je suis tombé amoureux de toi)
Ukrainien Ya pokokhav vas (je suis tombé amoureux de vous)
Ukrainien Ya pokokhala tebe (je suis tombée amoureuse de toi)
Ukrainien Ya pokokhala vas (je suis tombée amoureuse de vous)
Unuit (Esquimo) Ounakrodiwakit
Vai Na lia
Värmländska Du är görgo te mäg
Verlan meait’je (forme apprenti)
Verlan emia ai’t ej (forme plus complexe)
Vietnamien Em yeu anh (femme vers homme)
Vietnamien Toi yeu em
Vietnamien Anh yeu em (homme vers femme)
Vilie (Congo) Mi bekuzola
Volapük Löfob oli
Vulcain Wani ra yana ro aisha
Wallon Dji vos veu volti
Wallon Dji vos inme
Wallon Dji v’zinme
Wollof Da ma la nope
Wollof Da ma la nop
Yiddish Ich libe dich
Yiddish Ich han dich lib
Yiddish Kh’hob dick lib
Yiddish Kh’ob dikh holt
Yiddish Ikh bin dir farlibt
Yucatec maya ‘in k’aatech (entre amants)
Yucatec maya ‘in yabitmech (pour presque tous)
Yougoslave Ya te volim
Zaïroi Na lingui yo
Zazi (Kurde) Ezhele hezdege (?)
Zoulou Mina Ngithanda Wena (rarement utilisé)
Zoulou Ngiyakuthanda
Zuni Tom ho’ ichema

Extraits de Proust

Les textes sont tirés de Du côté de chez Swann, dans la série A la recherche du temps perdu. Les pages correspondent à la collection Classiques de Poche, Le Livre de Poche, 1992.

Combray

p. 66:

« […]; ce baiser précieux et fragile que maman me confiait d’habitude dans mon lit au moment de m’endormir, il me fallait le transporter de la salle à manger dans ma chambre et le garder pendant tout le temps que je me déshabillais, sans que se brisât sa douceur, sans que se répandît et s’évaporât sa vertu volatile et, justement ces soirs-là où j’aurais eu besoin de les recevoir avec plus de précaution, il fallait que je le prisse, que je le dérobasse brusquement, publiquement sans même avoir le temps et la liberté d’esprit nécessaires pour porter à ce que je faisais cette attention des maniaques qui s’efforcent de ne pas penser à autre chose pendant qu’ils ferment une porte, pour pouvoir, quand l’incertitude maladive leur revient, lui opposer victorieusement le souvenir du moment où ils l’ont fermée. »

p. 102:

« On connaissait tellement bien tout le monde à Combray, bêtes et gens, que si ma tante avait vu par hasard passer un chien « qu’elle ne connaissait point », elle ne cessait d’y penser et de consacrer à ce fait incompréhensible ses talents d’induction et ses heures de liberté. »

p. 136-137:

« Mais Bloch avait déplu à mes parents pour d’autres raisons. Il avait commencé par agacer mon père qui, le voyant mouillé, lui avait dit avec intérêt:
« Mais, Monsieur Bloch, quel temps fait-il donc, est-ce qu’il a plu? Je n’y comprends rien, le baromètre était excellent. »
Il n’en avait tiré que cette réponse:
« Monsieur, je ne puis absolument vous dire s’il a plu. Je vis si résolument en dehors des contingences physiques que mes sens ne prennent pas la peine de me les notifier. »
– Mais, mon pauvre fils, il est idiot ton ami m’avait dit mon père quand Bloch fut parti. Comment! Il ne peut même pas me dire le temps qu’il fait! Mais il n’y a rien de plus intéressant! C’est un imbécile.»
Puis Bloch avait déplu à ma grand-mère parce que, après le déjeuner, comme elle disait qu’elle était un peu souffrante, il avait étouffé un sanglot et essuyé des larmes.

« Comment veux-tu que ça soit sincère, me dit-elle, puisqu’il ne me connaît pas; ou bien alors il est fou. »
Et enfin, il avait mécontenté tout le monde parce que, étant venu déjeuner une heure et demie de retard et couvert de boue, au lieu de s’excuser, il avait dit:
« Je ne me laisse jamais influencer par les perturbations de l’atmosphère ni par les divisions conventionnelles du temps. Je réhabiliterais volontiers l’usage de la pipe d’opium et du kriss
malais, mais j’ignore celui de ces instruments, infiniment plus pernicieux et d’ailleurs platement bourgeois, la montre et le parapluie. »

p. 172:

« Mais à ce nom de Guermantes, je vis au milieu des yeux bleus de notre ami se ficher une petite encoche brune comme s’ils venaient d’être percés par une pointe invisible, tandis que le reste de la prunelle réagissait en sécrétant des flôts d’azur. »

Un amour de Swann

p. 263:

« Quant à M. Verdurin, trouvant que c’était un peu fatigant de se mettre à rire pour si peu, il se contenta de tirer une bouffée de sa pipe en songeant avec tristesse qu’il ne pouvait plus rattraper sa femme sur le terrain de l’amabilité. »

Noms de pays: le nom

p. 452:

« Pourtant, elle continua encore un moment de se contenter de me dire « vous » et comme je le lui faisais remarquer, elle sourit, et composant, construisant une phrase comme celles qui dans les grammaires étrangères n’ont d’autre but que de nous faire employer un mot nouveau, elle la termina par mon petit nom. Et me souvenant plus tard de ce que j’avais senti alors, j’y ai démélé l’impression d’avoir été tenu un instant dans sa bouche, moi-même, nu, sans plus aucune des modalités sociales qui appartenaient aussi, soit à d’autres camarades, soit, quand elle disait mon nom de famille, à mes parents, et dont ses lèvres – en l’effort qu’elle faisait, un peu comme son père, pour articuler les mots qu’elle voulait mettre en valeur – eurent l’air de me dépouiller, de me dévêtir, comme de sa peau un fruit dont on ne peut avaler que la pulpe, tandis que son regard, se mettant au même degré nouveau d’intimité que prenait sa parole, m’atteignait aussi plus directement, non sans témoigner la conscience, le plaisir et jusque la gratitude qu’elle en avait, en se faisant accompagner d’un sourire. »

p. 472:

« Je traversais des futaies où la lumière du matin qui leur imposait des divisions nouvelles, émondait les arbres, mariait ensemble les tiges diverses et composait des bouquets. Elle attirait adroitement à elle deux arbres; s’aidant du ciseau puissant du rayon et de l’ombre, elle retranchait à chacun une moitié de son tronc et de ses branches, et, tressant ensemble les deux moitiés qui restaient, en faisait soit un seul pilier d’ombre, que délimitait l’ensoleillement d’alentour, soit un seul fantôme de clarté dont un réseau d’ombre noire cernait le factice et tremblant contour. Quand un rayon de soleil dorait les plus hautes branches, elles semblaient, trempées d’une humidité étincelante, émerger seules de l’atmosphère liquide et couleur d’émeraude où la futaie toute entière était plongée comme sous la mer. Car les arbres continuaient à vivre de leur vie propre et quand ils n’avaient plus de feuilles, elle brillait mieux sur le fourreau de velours vert qui enveloppait leurs troncs (sic) ou dans l’émail blanc des sphères de gui qui étaient semées au faîte des peuplier, rondes comme le soleil et la lune dans La Création de Michel-Ange. »

Extraits de Wodehouse

Littérature Anglaise

Pelham Grenville « Plum » WODEHOUSE (1881-1975)

Wodehose, 1930
À 49 ans, en 1930
Wodehose, 1975
À 94 ans, en 1975

Tous cambrioleurs (Leave it to Psmith), 1923

Les pages correspondent à l’édition de poche, traduction par Josette Raoul-Duval.

p. 11

« Le contraste entre Lord Emsworth et le nouveau venu était frappant, voire dramatique. Lord Emsworth était si péniblement privé de lunettes; Rupert Baxter, son secrétaire, si abondamment lunetté. »

p. 18

« Cependant Lady Constance descendant les escaliers, était parvenue dans le grand hall quand la porte du fumoir s’ouvrit et une tête apparut. Une tête ronde et grisonnante avec un visage rose et bien nourri.
– Constance, fit la tête.
Lady Constance s’arrêta
– Oui Joe?
– Entrez une seconde, fit la tête, je voudrais vous parler. »

p. 26

« 
– Clarence, pouvez-vous me prêter trois mille livres, sans aucun risque, en le cachant à Constance?
Lord Emsworth cligna des paupières.
– Cacher quelquechose à Constance? – Il leva les yeux de son livre pour jeter un regard de pitié affectueuse au visionnaire. »

p. 41

« Quand sonnera l’heure de la grande révolte contre la laideur de Londres et que des hordes glapissantes d’artistes et d’architectes, devenus fous de rage, feront leur propre loi et porteront le fer et le feu à travers la ville, Wallington Street, West Kensington n’échappera sûrement pas à la torche. Depuis longtemps, cette rue a dû être marquée en bonne place sur la liste des destructions. Car bien qu’elle possède certains avantages de la plus basses espèce: modicité des loyers, présence de bus et de métro, c’est une petite rue particulièrement affreuse. Située en plein milieu de ces quartiers de Londres où explose une sorte d’exzéma de briques rouges, elle consiste en deux rangées parallèles de petites villas, toutes semblables, toutes protégées par une petite haie miteuse, toutes agrémentées de petits morceaux de verres colorés du plus regrettable effet, incrustés dans les panneaux de la porte d’entrée. Et les jeunes peintres sensibles qui remontaient vers Holland Park pouvaient être vus parfois chancelants sur les trottoirs, les mains sur les yeux, murmurant entre leurs dents serrées: « Jusqu’à quand? Jusqu’à quand? ». »

p. 72

« La dame du vestiaire le regarda de l’air de quelqu’un dont l’esprit n’est pas tout-à-fait tranquille.
– Mr. Walderwick etait là il y a un instant, monsieur, fit la dame du vestiaire.
– Oui? dit Psmith, médiocrement intéressé. Une personnalité énergique, agissante, le camarade Walderwick! Toujours quelque part. Un instant ici, un instant là…
– Il réclamait son parapluie, fit la préposée avec un brin de froideur.
– Vraiment? Il réclamait son parapluie?
– Il a fait toute une histoire, monsieur, à ce sujet!
– Il a parfaitement raison, fit Psmith d’un air approbateur. l’homme de coeur aime son parapluie!
– Naturellement, j’ai été obligée de lui dire que vous l’aviez pris, monsieur.
– Je n’en attendais pas moins, fit Psmith avec chaleur. J’aime cette esprit de franchise. Il ne doit y avoir aucun malentendu, aucun subterfuge entre vous et le camarade Walderwick. Que la situation soit claire et nette.
– Il semblait tout bouleversé, monsieur. Il est parti à votre recherche.
– Je suis content de faire un vrin de causette avec le camarade Walderwick, dit Psmith, toujours content.
Il sortit et se dirigea vers le hall où il demanda à un portier de lui trouver un taxi. »

p. 75

« Arrivé à l’adresse indiquée, Psmith paya son taxi et, ayant gravi les marches, frappa d’un index délicat au guichet marqué « Renseignements ».

– Chère Miss Clarkson, commença-t-il d’une voie affable dès que le guichet se fut ouvert, si vous pouviez me consacrer quelques minutes de votre précieux temps…
– Miss Clarkson est occupée.
Psmith l’examina gravement à travers son monocle.
– Vous n’êtes pas Miss Clarkson?
– Les Renseignement dirent qu’ils n’étaient pas Miss Clarkson. »

p. 77-87 Psmith cherche un emploi.

Il faut tout lire…

p. 90

« Si R. Psmith rencontre l’auteur de cette lettre dans le hall du Picadilly Hotel à douze heures précises, vendredi premier juillet, une affaire pourra être conclue, si l’annonce est sérieuse et les termes raisonnables. R. Psmith aura un chrysanthème rose à la boutonnière et dira à l’auteur de la lettre: « Il pleuvra demain dans le Northumberland », à quoi la personne répondra: « C’est excellent pour les récoltes. » Prière d’être à l’heure. »

p. 91

« C’est seulement lorsqu’ayant demandé un chrysanthème, il vit le fleuriste s’avancer à moitié caché derrière ce qui ressemblait être un petit arbuste, qu’il réalisa ce qui l’attendait, lui toujours habillé de façon si correcte et si élaborée.
– Est-ce un chrysanthème?
– Oui monsieur, un chrysanthème rose.
– Un seul?
– Oui monsieur, un chrysanthème rose.
Psmith regarda cet objet répugnant à travers son monocle avec une antipathie marquée. Puis, l’ayant inséré dans sa boutonnière, il repartit avec l’impression d’être un animal sauvage à l’affut derrière les broussailles. Ce fâcheux arbuste gâcha complètement sa promenade. »

p. 96

« – Je vous avais demandé de mettre un chrysanthème rose. Pour pouvoir vous reconnaître, cous comprenez.
– Mais je porte un chrysanthème rose. Je n’aurais jamais cru que ceci pût échapper même à l’oeil le plus distrait.
– Cette chose? fit l’autre, regardant la fleur d’un air désapprobateur. Je croyais que c’était une sorte de chou. Je voulais dire un de ces petits trucs…machins… que les gens portent à la boutonnière.
– Un oeillet peut-être?
– Un oeillet! Voila!
– Psmith ôta le chrysanthème et le jeta derrière son fauteuil. Il regarda son interlocuteur avec un air de reproche.
– Si vous aviez étudié la botanique à l’école, camarade, dit-il, bien des souffrances eussent pu être évitées. Je ne saurais vous dire quelle agonie spirituelle j’ai souffert en déambulant dans la capitale
derrière ce buisson. »

p. 101

« Ces clubs allaient du Drones, endroit franchement frivole, jusqu’au digne et sévère Senior Conservative. Presque sans hésiter, Psmith décida que ce dernier constituait le cadre idéal pour son présent état d’esprit. N’importe quel familier du Senior Conservative Club eût approuvé son choix. Un homme désireux d’absorber une excellente nourriture tout en examinant à loisir son état d’âme n’aurait pu trouver dans tout Londres un meilleur abri. Au Drones, certes, on vous nourrit bien, mais la jeunesse y est reine et l’homme pensif qui scrute son âme peut à chaque instant voir ses méditations interrompues par une boulette de pain lancée adroitement de la table voisine par quelqu’esprit facétieux. »

p. 104

« Ralston Mc Todd était un jeune homme au tempérament dominateur. Il aimait être le centre d’intérêt, mener la conversation et être écouté respectueusement par une assistance subjuguée. Au cours de ce repas, aucune de ces satisfactions ne lui avait été accordée. »

p. 114

« J’espère, dit Lord Emsworth, offrant à son hôte une opportunité tardive de s’expliquer, j’espère que vous écrirez un de vos poèmes sur mes jardins, n’est-ce pas? Psmith fut envahi d’un sentiment de reconnaissance caractérisé. Les semaines de labeur passées au mileu des harengs de Billingsgate l’avaient marqué de la crainte persistante que les miasmes de poisson n’eussent pénétré jusque dans sa vie
privée. Pourtant il y avait là un interlocuteur sans préjugés, le regardant bien en face, qui l’avait pris pour un poète. Donc, en dépit de tout ce qu’il avait enduré, il devait y avoir encore dans son apparence extérieure quelquechose de hautement spirituel et de non poissonneux. »

p. 149

« […] Il y a une nouvelle femme de chambre?
– Oui, et elle s’appelle Suzanne.
– Suzanne? Suzanne? Cela sonne bien. C’est exactement le nom que pourrait avoir une vraie femme de chambre.
– Avez-vous jamais vu une femme de chambre ramper à quatre pattes sous un bureau? demanda Freddie avec chaleur.
– Elle rampe sous les bureaux?
– Je l’y ai prise ce matin, dans ma chambre.
– Mais n’est-ce pas pousser un petit peu loin que d’en conclure qu’elle est détective? Pourquoi le serait-elle?
– Eh bien! J’ai vu tellement de films où les femmes de chambre sont détectives… cela vous met mal à l’aise.
– Heureusement, dit Psmith, il n’y a aucune raison de rester dans le doute. Je vais vous donner un moyen infaillible de vérifier si elle est ce qu’elle semble être.
– Oui?
– Embrassez-la.
– L’embrasser!
– Exactement. Allez la trouver et dites-lui: « Suzanne, vous êtes bien jolie! »
– Mais elle ne l’est pas.
– Pour la circonstance, vous ferez comme si elle l’était. Vous allez la trouver et vous lui dites: « Suzanne, vous êtes bien jolie. Que feriez-vous si je vous embrassais? » Si c’est un détective, elle vous répondra: « Comment osez-vous, monsieur! » Alors que, si comme je le crois, c’est une authentique femme de chambre qui rampe sous les bureaux par pur excès de zèle, elle gloussera et dira: « Oh! ne dites pas de bêtises, monsieur! » Vous sentez la nuance? »

p. 168

« […] dans un monde engorgé de filles jusqu’à la congestion, Eve Halliday était une parfaite exception. »

p. 198

« Dans son trouble, Mr. Cootes s’oublia au point de cracher d’une façon répugnante sur une grenouille qui passait. Mais même dans cette entreprise triviale, il échoua. Il rata la grenouille qui disparut dans l’herbe verte avec un froid regard de désapprobation. »

p. 200

« Mr. Cootes, sans tenir compte de la présence d’une dame, ajouta quelques commentaires énergiques. »

p. 238

« Il se demanda s’il avait sagement agi en confiant une mission aussi délicate que le vol de la rivière de diamants de sa femme à un cerveau aussi notoirement déficient que celui de son neveu Freddie. C’était là, se disait-il tristement, une tâche qui eût nécessité les capacités de tout un syndicat de cambrioleurs et il l’avait mise entre les mains d’un jeune garçon qui, une seule fois dans toute sa vie, avait fait preuve d’initiative et d’inspiration lorsqu’il s’était coiffé avec la raie au milieu alors que tous les autres membres du Club des Célibataires brossaient leurs cheveux en arrière. »

p. 250

« – Pour employer un de vos mots favoris, oui! »

p. 323

« – Haut les mains! fit Mr. Cootes avec la brièveté grossière de quelqu’un qui n’a pas eu le privilège d’un milieu raffiné et d’une éducation soignée. »

Bravo Oncle Fred (Uncle Fred in the Springtime), 1939

Les pages correspondent à l’édition Omnibus, 1997. Traduction par Charles Thiollier.

p. 606

« – Mr Claure Pott annonça Webster à la porte.
Pour Pongo Twistleton, qui imaginait un détective privé avec un visage de faucon, un regard aigu et perçant et l’allure générale d’un léopard, Claude Pott fut un objet de complète surprise. Les faucons n’ont pas de menton, Claude Pott en avait deux. »

p. 616

« Pendant ce temps, ignorant la sollicitude dont il venait d’être l’objet, Lord Emsworth se trouvait dans la prairie près du potager, accoudé au toit confortable où était logée sa fameuse truie, l’Impératrice de Blandings, qui avait remporté deux ans de suite la médaille d’argent dans sa catégorie des cochons gras au Concours agricole du Shropschire. Le noble animal finissait sous les yeux attendris de son maître un petit-déjeuner tardif. »

p. 659

« Viens et aide-nous. Ta jeune et fraîche intelligence est justement ce dont nous avions besoin… Voilà Pongo, Polly, dit-il en rejoignant la jeune fille. Il est possible qu’il aît une idée. Il a failli en avoir une il y a trois ans? En tout cas il désire épouser ta cause. Hein Pongo?
– Et comment!
– Bon. Comme je le disais, Polly, la solution consiste à rencontrer le duc mais ce de ndoit pas être en tant que fiancée de Ricky.
– Pourquoi? demanda Pongo, commençant à faire montre de sa jeune et fraîche intelligence. »

p. 687

« Depuis qu’il a eu les oreillons étant enfant et qu’il a brusquement grandi jusqu’à atteindre huit pieds six pouces, j’ai toujours été inquiet de l’état mental d’Horace. Il va de soi que le cerveau d’un homme ne peut se trouver à une telle distance de son cœur et fonctionner normalement. »

p. 761

« Lord Ickenham ne parla pas immédiatement. Pendant quelques temps, il tortilla sa moustache en regardant pensivement son neveu. Il sentait une certaine rancune contre la Providence qui rendait indiscutablement la vie difficile à un brave homme. »

p. 761

« L’Impératrice de Blandings était un cochon qui prenait les choses comme elles venaient. Sa devise, comme celle du grand Horace, était « nihil admirari ». Mais aussi froide et même réservée qu’elle fût en règle générale, elle avait été un peu émue par les événements de la journée. En particulier, elle avait trouvé étrange la salle de bains. C’était le seul endroit où elle s’était jamais trouvée où semblait régner la famine. Ce qu’il avait de mieux à lui offrir était un tube de savon à barbe qu’elle était en train de goûter avec un froncement de sourcils quant elle fut rejointe par Mr Pott. Quand elle sortit, elle avait encore un peu de mousse sur les joues et ce fut peut-être ce dernier trait qui mit le comble à la stupéfaction de Lord Bosham et qui le détermina non seulement à reculer d’un mètre ou deux, les yeux exorbités, mais aussi à presser la détente de son fusil.
Le coup résonna comme l’explosion d’un arsenal, et il eût convaincu l’Impératrice, si elle avait besoin d’être convaincue, que ce n’était pas la place d’un cochon bien élevé. Jamais, depuis qu’elle était un tout petit goret, elle ne s’était déplacée plus rapidement qu’à un pas de sénateur. Mais cette fois Jesse Owens aurait eu de la peine à chronométrer sa performance. Après avoir heurté le lit, la table et le fauteuil, dans l’ordre chronologique, elle réussit à atteindre la porte-fenêtre et était sur le point de disparaître quand Lord Emsworth se précipita dans la pièce, suivi de Lady Constance. »

p. 791

« Lady Constance avait renoncé à tout calme patricien. Elle poussa un cri qui, s’il était sorti d’une source moins aristocratique, aurait pu être qualifié de braillement. »